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"Nous
ne possédons aucun manuscrit autographe de Villon, sauf
peut-être, dans un recueil exécuté sous la direction de Charles
d'Orléans, deux pièces
: le Dit de la
naissance de Marie d'Orléans,
la Ballade du
Concours de Blois" ou Ballade
des Controverses... (1)
L'italien
Siciliano (2)
fut le premier, en 1934, à formuler
"que l'on ne peut avoir qu'une idée fausse de Villon,
en prenant au pied de la lettre son vers fameux de la ballade du Concours
de Blois : Je
ris en pleurs (3),
parce que, sur cet aveu de duplicité, les villonistes orthodoxes ont
conclu à la nature double du poète, capable dans le même temps de
marier dans ses vers la bouffonnerie et l'obscénité la plus crue au
profond respect de la Vierge,
au repentir le plus sincère, à l'expression la plus pathétique de la
douleur et des aspirations de l'âme. [...] M.
Siciliano estime que
c'est fausser Villon
que de le faire double à ce point ; partant, qu'il faut renoncer à
trouver dans son oeuvre une composition finie et achevée à une seule
date, et d'un seul coup. […] Il pense que le Testament
a été écrit, repris, remanié, allongé par intercalation de pièces
différentes, au cours d'une dizaine d'années. Que les legs facétieux
et parodiques ont été écrits les premiers, quand Villon
n'était que le bon folastre, dans sa vie d'erreur et de crime ;
mais, au contraire, que les grands morceaux lyriques, comme la Ballade
des Pendus, l'Epître
à ses amis, Le Débat du coeur et du corps, la Ballade de bonne
doctrine, la Belle leçon aux enfants perdus, ne
peuvent être que le fruit d'une inspiration plus tardive, celle que le
poète ramené à lui par le malheur a dû trouver, après le dernier départ
de Paris,
dans cette abbaye de Saint-Maixent
(4)
où il se serait retiré du monde et de sa folle et dangereuse
vie…" (5)
(1)
Jean Dufournet,
Professeur à la Sorbonne
(François Villon, Poésies, Gallimard 1973)
(2)
Italo Siciliano
(1895-1980) entré à l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres en 1970 à titre d'Associé
Etranger, a écrit en français, François
Villon et les thèmes poétiques au Moyen Age,
Armand Colin, 1934.
(3)
"Il a pleuré après avoir ri" (1)
(4) En 1463 on perd
la trace du poète. L'écrivain italien retient l'assertion de Rabelais
indiquant au Quart
livre (1552), que
François Villon,
sur ses vieux jours, s'était retiré à l'abbaye
de Saint-Maixent, en Poitou.
(5) Emile
Henriot précise
cependant :
"...si nous avions la preuve absolue et formelle que Villon
a écrit son quatrain et son épitaphe d'une même encre et sur la même
feuille, si incompréhensible que fût cette duplicité, il faudrait
bien quand même l'accepter. Les poètes sont gens d'exception, avec
lesquels tout est possible".
(De
Turold à André Chénier - H.
Lardanchet, 1944)
Les demeures de François
Villon sur Terres
d'Ecrivains
Inititation
poétique à l'école
(Académie de La Réunion) |