- Bienvenue dans notre communauté poétique...  Site référence depuis 1997 -

Le Coin du poète - Communauté poétique depuis 1997
Le Coin du poète - Retrouvez les poèmes des plus grands auteursLe coin du poète - Messagerie - Annuaire - Membres - Forum - Mailing-List
Le coin du poète - Poésie - Poètes - Poetry

vendredi 2 août 2002 14:26 - Actuellement 49 visiteurs sur le site - 5500 poèmes dans le site - 652328 consultations - 250 msg envoyés aujourd'hui

Poème du 28/07/2002
Le Testament (Extrait)
de François Villon

Je regrette le temps de ma jeunesse
où j'ai plus qu'un autre fait la noce
jusqu'à l'entrée de la vieillesse
qui m'a caché son départ.
iI ne s'en est pas allé à pied
ni à cheval, hélas ! comment donc ?
soudainement il s'est envolé
et ne m'a laissé aucun don.

Je le sais bien, si j'avais étudié
au temps de ma jeunesse folle,
et si je m'étais voué aux bonnes mœurs,
j'aurais maison et couche molle.
mais quoi ! je fuyais l'école,
comme fait le mauvais enfant.
en écrivant cette parole,
peu s'en faut que mon cœur n'éclate.

Où sont les élégants noceurs
que je suivais au temps jadis,
si bien chantant, si bien parlant,
si plaisants dans leurs actes et leurs propos ?
certains sont morts et raidis,
d'eux ne reste rien maintenant :
qu'ils aient repos au Paradis,
et que Dieu sauve ce qui reste !

(Traduction moderne de Jean Dufournet)

------------------------------------------

Je plaings le temps de ma jeunesse,
Ouquel j'ay plus qu'autre gallé, (en lequel)
Jusqu'a l'entrée de viellesse,
Qui son partement m'a celé. (qui m'a caché son départ)
Il ne s'en est a pié allé,
N'a cheval ; hélas ! comment don ?
Soudainement s'en est vollé,
Et ne m'a laissié quelque don.

Hé ! Dieu ! se j'eusse estudié
Ou temps de ma jeunesse folle, (en le temps)
Et a bonnes meurs dédié, (consacré mon temps)
Jeusse maison et couche molle !
Mais quoy ! Je fuyoie l'escolle,
Comme fait le mauvais enfant.
En escripvant ceste parolle
A peu que le cueur ne me fent. (il s'en faut de peu)

Ou sont les gracieux gallans (vivants)
Que je suivoye ou temps jadis,
Si bien chantans, si bien parlans,
Si plaisans en faiz et en diz ?
Les aucuns sont mors et roidiz ; (quelques-uns d'entre eux)
D'eulx n'est il plus riens maintenant,
Repos aient en paradis,
Et Dieu saulve le remenant ! (le restant)

(Anthologie du Moyen Age par A. Rochette, 1912)


François Villon
Poète français
(Paris, 1431 - Inconnu, apr. 1463)

Le Testament (Extrait) a été consulté : 2255 fois

- Ajouter ce poème à votre sélection

- Envoyer ce poème à un ami

- Imprimer ce poème



Télécharger Windows Média Player (gratuit)
de Microsoft pour écouter les poèmes



Commentaire sur ce poème

François Villon

"Nous ne possédons aucun manuscrit autographe de Villon, sauf peut-être, dans un recueil exécuté sous la direction de Charles d'Orléans, deux pièces : le Dit de la naissance de Marie d'Orléans, la Ballade du Concours de Blois" ou Ballade des Controverses... (1)

L'italien Siciliano (2) fut le premier, en 1934, à formuler "que l'on ne peut avoir qu'une idée fausse de Villon, en prenant au pied de la lettre son vers fameux de la ballade du Concours de Blois : Je ris en pleurs (3), parce que, sur cet aveu de duplicité, les villonistes orthodoxes ont conclu à la nature double du poète, capable dans le même temps de marier dans ses vers la bouffonnerie et l'obscénité la plus crue au profond respect de la Vierge, au repentir le plus sincère, à l'expression la plus pathétique de la douleur et des aspirations de l'âme. [...] M. Siciliano estime que c'est fausser Villon que de le faire double à ce point ; partant, qu'il faut renoncer à trouver dans son oeuvre une composition finie et achevée à une seule date, et d'un seul coup. […] Il pense que le Testament a été écrit, repris, remanié, allongé par intercalation de pièces différentes, au cours d'une dizaine d'années. Que les legs facétieux et parodiques ont été écrits les premiers, quand Villon n'était que le bon folastre, dans sa vie d'erreur et de crime ; mais, au contraire, que les grands morceaux lyriques, comme la Ballade des Pendus, l'Epître à ses amis, Le Débat du coeur et du corps, la Ballade de bonne doctrine, la Belle leçon aux enfants perdus, ne peuvent être que le fruit d'une inspiration plus tardive, celle que le poète ramené à lui par le malheur a dû trouver, après le dernier départ de Paris, dans cette abbaye de Saint-Maixent (4) où il se serait retiré du monde et de sa folle et dangereuse vie…" (5) 

(1) Jean Dufournet, Professeur à la Sorbonne 
(François Villon, Poésies, Gallimard 1973)

(2) Italo Siciliano (1895-1980) entré à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1970 à titre d'Associé Etranger, a écrit en français, François Villon et les thèmes poétiques au Moyen Age, Armand Colin, 1934.

(3) "Il a pleuré après avoir ri" (1)

(4)
En 1463 on perd la trace du poète. L'écrivain italien retient l'assertion de Rabelais indiquant au Quart livre (1552), que François Villon, sur ses vieux jours, s'était retiré à l'abbaye de Saint-Maixent, en Poitou.

(5) Emile Henriot précise cependant :

"...si nous avions la preuve absolue et formelle que Villon a écrit son quatrain et son épitaphe d'une même encre et sur la même feuille, si incompréhensible que fût cette duplicité, il faudrait bien quand même l'accepter. Les poètes sont gens d'exception, avec lesquels tout est possible".

(De Turold à André Chénier - H. Lardanchet, 1944)

Les demeures de
François Villon sur Terres d'Ecrivains

Inititation poétique à l'école
(Académie de La Réunion)

payday loans discount online pharmacy online pharmacy cialis cialis viagra 

UTILISATEUR
VOS POEMES
Publier vos poèmes

- Tous les poèmes
- Tous les poètes
- Nouveaux poèmes
- Poème au hasard

LES SALONS
Créer votre salon

- Les salons
- Les plus populaires 

RECHERCHE

JEUX

Concours 
Poésie rapide

  200 pts à gagner


Quiz poésie
899 questions
SONDAGE
Aimez-vous lire en ancien français les ouvrages du passé ?
- Oui
- Non
- Quelques lignes
RESSOURCES
poster un événement
EVENEMENTS

ANNUAIRE POETIQUE

381 sites référencés

LES FORUMS
1700 messages

MAILING-LIST
1400 abonnés

Tchatche poésie


DIVERS
DIFFAMATION
Partenariat

Aide

Contacts

 

Le Coin du poète est déclaré à la CNIL sous le numéro N°809174

Le Coin du Poète est recommandé par Lycos

Copyright © 1997- 2002 Josette Perlin - le-coin-du-poete.com - Tous droits réservés.
Il est interdit de publier, reproduire, ou rediffuser de quelque manière que ce soit tout ou partie du contenu du site Internet
" le-coin-du-poete.com ", qu’il soit sous forme de rédactionnel, de graphique ou d’image,
sans l’autorisation expresse écrite du Coin du poète.

Hit-Parade


admininstration